Edito-AP-129 

Dessin: André Paul Perret

 

Face à l’obscène
Tant qu’à faire, revenons sur un point essentiel: comment, pourquoi apprécier l’art actuel? Récemment, je vous présentais un roman assez bien fagoté de Marc-Michel Amadry (1), Monsieur K, dont le protagoniste est fou de peinture moderne et contemporaine (2). Or cet homme n’aime que ceux qu’on considère généralement comme les meilleurs, Andy Warhol, Pierre Soulages, Jean-Michel Basquiat, etc., de très bons peintres, j’en conviens, un peu malgré moi; et puis, lorsqu’il s’intéresse aux jeunes, c’est Damien Hirst, le plus coté des plasticiens actuels… Que des célébrités donc, génératrices d’événements et d’argent! Mais, pour cet homme élevé par ses parents dans l’amour des plus fameux impressionnistes, il n’existe aucun jardin secret, aucun artiste inconnu ou méconnu, aucun franc-tireur qui échapperait au marché mondialisé de l’art, où l’on n’accorde sa préférence – et on investit une part de sa fortune – qu’à un nombre limité de happy few (3). Je plains les soi-disant amateurs d’art qui comme lui ne se fient qu’au succès, tout en concédant qu’il n’est pas facile de s’y retrouver. Suivre la mode? Du temps des Monet, Cézanne et Degas, les collectionneurs ignoraient les chefs-d’œuvre naissants de l’impressionnisme mais adulaient un Bouguereau ou un Gérôme, ces pompiers qui ont pratiquement disparu de notre univers...

La totalité de l'éditorial dans ph+arts no 129
abonnez-vous